Vaginoses bactériennes

Vaginoses bactériennes

Vaginose bactérienne : déséquilibre de la flore, signes, et soutien de l'équilibre du microbiote vaginal.

Comprendre la vaginose bactérienne

La vaginose bactérienne (VB) n'est pas une infection « attrapée » mais un déséquilibre de la flore : les lactobacilles protecteurs reculent, et des bactéries anaérobies (dont Gardnerella) prennent le dessus. Signes typiques : des pertes grises et fluides, et une odeur de poisson, souvent plus marquée après les rapports.

C'est la cause la plus fréquente de pertes et d'odeur, et elle récidive beaucoup :

  • Impliquée dans 40 à 50 % des vaginites.
  • pH vaginal supérieur à 4,5 (contre 3,8-4,5 normalement).
  • Récidive chez plus de la moitié des femmes dans les 12 mois.
40-50 %
des vaginites sont des vaginoses bactériennes (Paladine, 2018)
pH > 4,5
le pH monte quand les lactobacilles reculent
~58 %
de récidive dans les 12 mois après traitement (Bradshaw, 2006)
Bradshaw et al., 2006, J Infect Dis, High recurrence rates of bacterial vaginosis.

Pourquoi l’équilibre se rompt

À l'état sain, les lactobacilles produisent de l'acide lactique et maintiennent un pH acide qui bloque les bactéries indésirables. Dans la VB, ces lactobacilles s'effondrent : le pH monte, les anaérobies prolifèrent et libèrent des amines (l'odeur de poisson).

Ce qui favorise ce basculement :

  • Douches vaginales et savons parfumés, qui décapent la flore.
  • Nouveaux ou multiples partenaires, certains DIU.
  • Tabac, et tout ce qui fragilise les lactobacilles.
Lactobacilles
leur effondrement est au cœur de la vaginose
Amines
les bactéries anaérobies produisent l’odeur caractéristique
Restaurer
recoloniser en lactobacilles réduit le risque de récidive
Cohen et al., 2020, NEJM, Lactin-V to prevent recurrence of bacterial vaginosis.

« La vaginose se traite par antibiotiques, mais le talon d'Achille, c'est la récidive : plus d'une femme sur deux récidive dans l'année. La vraie bataille se gagne sur la flore. Tout ce qui aide les lactobacilles à reprendre le dessus, et tout ce qui évite de décaper la flore, change la donne sur le long terme. »

Lactin-V to prevent recurrence of bacterial vaginosis (NEJM, 2020)

Que faire au quotidien

Traiter l’épisode, puis tout faire pour aider les lactobacilles.

1. Traiter la vaginose

La VB symptomatique se traite par antibiotiques (métronidazole ou clindamycine), sur avis médical. C'est le point de départ.

2. Arrêter les douches vaginales

Les douches vaginales décapent les lactobacilles et entretiennent la récidive. À supprimer définitivement.

3. Hygiène douce

Eau ou soin au pH physiologique, sans savon parfumé. Le vagin n'a pas besoin d'être « nettoyé » à l'intérieur.

4. Soutenir la flore

Un soin botanique ciblé aide à entretenir un pH acide et un terrain favorable aux lactobacilles entre les épisodes.

5. Réduire les facteurs

Préservatif avec un nouveau partenaire, arrêt du tabac : autant de leviers qui aident la flore à tenir.

À quoi s’attendre

Un repère indicatif : la flore se reconstruit progressivement.

Jours 1-7

Le traitement agit

Sous antibiotique, pertes et odeur diminuent rapidement.

Semaines 2-3

Période fragile

La flore se reconstitue mais reste vulnérable : c’est le moment clé pour la soutenir.

1-3 mois

Flore consolidée

En soutenant les lactobacilles et en évitant les douches, le pH se stabilise.

Prévention

Limiter les récidives

Une routine douce et durable réduit le risque de rechute fréquente.

Pourquoi agir, et quand consulter

La VB se traite ; l’enjeu réel est de prévenir la récidive.

Soulagement

Stopper pertes et odeur

Le traitement fait disparaître rapidement l’odeur et les pertes inconfortables.

Prévention

Casser la récidive

Soutenir les lactobacilles entre les épisodes est la clé contre les rechutes à répétition.

Équilibre

Protéger la flore

Une flore solide protège aussi contre d’autres infections et inconforts.

Vigilance

Quand consulter

Consultez pour confirmer le diagnostic, en cas de grossesse, ou si les récidives s’enchaînent malgré les traitements.

Vos questions sur la vaginose bactérienne

  • Non. Ce n'est pas une infection sexuellement transmissible mais un déséquilibre de la flore. L'activité sexuelle peut toutefois influencer la flore et favoriser la VB.

  • Les bactéries anaérobies de la vaginose produisent des amines volatiles, responsables de l’odeur, souvent plus marquée après les rapports ou les règles.

  • Au contraire, elles aggravent : elles éliminent les lactobacilles protecteurs et augmentent le risque de récidive. À éviter absolument.

  • Parce que le traitement élimine les bactéries mais ne reconstruit pas la flore. Soutenir les lactobacilles après le traitement est ce qui réduit le mieux les récidives.

  • Consultez pour confirmer le diagnostic, pendant la grossesse, ou en cas de récidives fréquentes (recommandations CDC 2021).

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